Quel rapport avec la photo ?
Et bien peintre depuis de nombreuses années, plus de 400 tableaux vendus dans le monde, France, Usa, Japon, Argentine, Chili, Pacifique, je croyais pouvoir continuer de plus belle une fois la retraite venue.
Le manque d'irrigation de mon cerveau m'a privé de vue latérale gauche et devant mon papier à pastel... rien, trop dur!
Je me suis donc remis à la photo avec maintenant un immense plaisir, découvrant avec merveille l'univers du numérique.
Je passe donc, environ 6/7 mois en bateau dans l'arc antillais et l'été dans le Berry...tant que la santé le permettra!
Retour en Métropole après 26 années outremer, recherche de travail... bref la "galère" comme tout le monde.
J'ai plus ou moins travaillé jusqu'à ce qu'enfin arrive l'heure de la retraite où j'allais continuer tranquillement à peindre.
Et là...
Juin 2006, en croisière en Méditerranée avec un couple d'amis, nous préparons notre traversée de l'atlantique sur mon nouveau bateau. Dans les calanques de Cassis, par un fort vent d'est, je fais un gros effort lors de l'amarrage du bateau et la douleur arrive lentement dans la poitrine...
Je ne dis rien d'abord, puis la douleur ne passant pas je décide de rallier une marina proche, en l’occurrence le petit port du Frioul, en face Marseille. Durant le trajet, çà ne va pas mieux, aussi discrètement de l’intérieur du bateau je contacte les pompiers... rendez vous est pris.
Nous sommes à environ 2 heures du point de rendez-vous, aussi je me décide à annoncer le problème à mon épouse et mes amis.
Dès l'arrivée je suis évacué en vedette sur l’hôpital de la Timone à Marseille où, dans la nuit on me pose un sten (petit ressort qui ouvre l'artère...). Le lendemain, plus de douleur, ouf ! La croisière va continuer.
Du moins le pensais-je!
Dans la nuit suivante le sten "se bouche" et je fais trois arrêts cardiaques en moins de deux heures. Finalement réanimé in extremis, on me maintient dans le coma pendant une semaine, puis en réanimation, puis c'est le réveil... Dix sept kilos de perdus, plus de force. Je n'arrive pas à réaliser que cela m'arrive à moi le jour de mes 60 ans, le mois de ma retraite.
Repos, rééducation, petit à petit je découvre les dégâts, perte de la vue latérale, perte de l’orientation, plus de muscles... Il m'aura fallu plus d'une année pour retrouver une forme raisonnable.
Le projet de vivre sur mon bateau aux Antilles m'a tenu vivant et m'a donné la volonté de remonter la pente. Depuis je fais 5 kms de marche rapide tous les jours, suit un régime, et je profite d'une nouvelle vie !
Marigot Bay, Sainte Lucie
"Floriana"
sous voiles
"Floriana" aux Anses d'Arlet